vendredi 27 octobre 2017

LE MARI DE MON FRÈRE - TOMES 1 ET 2


LE MARI DE MON FRÈRE - TOMES 1 ET 2

Ça faisait un moment que j'avais repéré cette série bien mise en avant au rayon manga, dont le tome 1 a été primé au Japon et sélectionné au Festival d'Angoulême 2017.
Un titre pareil d'ailleurs ne peut que retenir l'attention, ne serait-ce que pour la gymnastique mémorielle que cela impose - j'ai longtemps jonglé entre "Le mari de mon père" ou "Le frère de mon mari" - et de la même façon que ces devinettes sur les familles m'ont toujours embrouillée et que j'ai toujours eu du mal avec les liens de parenté (genre, le frère du père de la soeur du cousin), j'ai mis du temps aussi à visualiser de qui on parlait quand on parlait du "mari de mon frère"!

Alors, certes, j'avais bien compris que la thématique de cette série était l'homosexualité, mais j'hésitais sur la personne concernée : le père, le frère ou l'oncle de la petite fille de l'histoire ? Et c'est là où on se fait avoir parce que s'il y a bien une petite fille dans l'histoire, c'est plutôt autour de son père que le récit s'articule.

Père divorcé élevant seul sa fille Kana, Yaichi mène une existence sans surprise quand, un beau jour, débarque dans sa vie Mike Flanagan, un Canadien en visite au Japon, qui n'est autre que le mari de son frère jumeau récemment décédé. Après un temps de surprise et de vague hésitation, Mike est intégré dans leur foyer comme membre de la famille sans trop de difficultés, d'autant plus que la petite Kana est absolument ravie d'avoir un oncle étranger et s'attache facilement à lui.
Bien sûr, dans son innocence, sa spontanéité et sa curiosité toute enfantine, elle ne manquera pas de poser les questions délicates autour du mariage et des rapports entre deux hommes, et si cela trouble ou choque parfois son père, ce dernier accepte assez rapidement les réponses et la situation. Il se fait très vite à cette réalité même s'il n'est pas forcément très à l'aise car Kana a un raisonnement irréfutable, basé sur le simple bon sens. 
C'est finalement Mike qui vit le plus mal cette situation où Yaichi lui rappelle tant son mari et que son deuil est encore tout neuf.

J'ai trouvé ces deux tomes sympathiques dans leur ensemble mais tout cela m'a semblé un peu naïf, simpliste et prévisible dans le traitement, un peu comme un ouvrage dont le titre serait "l'homosexualité (et la monoparentalité en passant) expliquée aux enfants".
Peut-être parce que cette thématique ne me pose pas de problème particulier comme cela semble en poser davantage aux Japonais qui sont tout de même le public-cible au départ, d'où l'aspect un peu didactique de cette série sûrement. Un schéma facile (mais bien conçu). Le père qui personnifie le malaise (mais rien de violent dans les réactions, rien de borné non plus, il remet facilement en question ses principes, ses certitudes et sa façon de voir les choses) et la petite fille qui pose les bonnes questions pour démontrer qu'il y a une incohérence dans le regard et l'attitude vis-à-vis des homos au Japon. Quelques apartés de Mike intitulés "Petit cours de culture gay" remettent un peu les points sur les "i" en expliquant quelques concepts et symboles inhérents au monde gay, comme le coming out, le rainbow flag, et mentionnent quelques dates aussi en passant pour retracer l'histoire de l'évolution de leurs droits d'un pays à l'autre.
C'est bien fait, c'est clair, net, et tout dans la simplicité, instructif si l'on veut mais rien de trop foufou type révélation.

Et puis, personnellement, la petite Kana m'a un peu agacée par moment avec son côté mêle-tout et gaffeuse. Elle a certes une sacrée énergie qui la rend amusante et tout, mais bon sang, des fois on aimerait la bâillonner. J'ai bien aimé, en revanche, ses réactions pleines de bon sens et d'innocence, et les réponses un peu embêtées du père. À ce propos, j'ai trouvé cela bien vu et amusant la mise en parallèle entre ce qu'il pense vraiment et ce qu'il finit par concéder. 
Bon, et sinon, le Mike avec son look de bûcheron canadien, je ne suis pas fan non plus.
Ce que j'ai trouvé intéressant et bien traité en revanche (ceci, davantage dans le tome 2), c'est cette exploration de la souffrance due à la peur du rejet et du jugement chez les jeunes garçons.

Une série que je continuerai sûrement à l'occasion mais sans un sentiment d'urgence véritable.

À lire, les excellents blablas de manU et Nad qui m'ont incitée à enfin sauter le pas pour cette lecture.

L'auteur
Gengoroh Tagame, né en 1964 au Japon, est un mangaka et artiste érotique gay.

12 commentaires:

  1. J'ai lu le troisième mais je crois que j'en resterai là, j'ai l'impression d'en avoir fait le tour.

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    1. Ah ben ça ne me motive pas vraiment à me précipiter sur la suite là.;-)

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  2. je n'en avais lu que du bien... ça me fait penser à Taniguchi que je trouve aussi souvent naïf, ça ne ferait pas partie du jeu? Bref, je prends en compte tes bémols et je verrai bien si les mangas croisent mon chemin (ou non) !

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    1. C'est vrai que d'une manière générale, il y a un peu de naïveté dans les mangas.^^ Oui, tu as raison, ça fait partie du jeu, surtout suivant le public-cible. Je m'attendais quand même à quelque chose de moins ingénu ici mais bon, cette série a le mérite d'exister. Je n'ai pas vu beaucoup de mangas (voire aucun) aborder ce sujet.

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  3. Tu en fais vraiment une belle analyse bien décortiquée, j’aime ton regard franc et juste sur ce manga :-*
    Je n’avais pas perçu le côté naïf si ce n’est qu’à travers le regard de la petite Kana, du haut de son innocence d’enfant qui découvre la vie, mais ça m’amène à le revoir, y réfléchir. Par contre moi j’ai adoré cette petite pleine d’énergie, j’en ai un à la maison un peu dans le même genre (mdrrrrrrrr) au même âge ^^
    « le frère du père de la soeur du cousin »...... j’y comprends jamais rien non plus!!!!! ptdrrrrrrrrrrrr
    J’ai dévoré les trois premiers tomes.
    Mille gros becs du dimanche SMACKKKKKKKKKKKK xxxxx

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    1. Merci ma Nad pour ces jolis compliments.^^
      Que la petite Kana soit naïve et innocente, ça me va très bien. Disons que c'est le père que j'ai trouvé un peu facile à convaincre à chaque fois, mais j'imagine que l'auteur a choisi de faire simple sur le sujet.
      Ohlala, bon courage si tu as une boule d'énergie comme Kana à la maison !^^ C'est amusant mais épuisant aussi à force, non ?;-)
      Je poursuivrai sûrement ma lecture mais je prends le temps.
      Plein de smaaaacks pour le début de la semaine !!!

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  4. Il est bon parfois de cultiver sa naïveté... ^^
    4 tomes et puis s'en va, c'est très bien comme ça je trouve. Il y a tant de séries qui n'en finissent pas !
    Mike et son look de bûcheron, je crois tout simplement que c'est le type d'hommes de l'auteur...

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    1. Oui, très certainement. Bon, pas mon genre d'hommes, quoi.:-)
      Aaah, seulement 4 tomes ? À ce moment-là, je vais aller au bout. Ça m'ennuie toujours de commencer une série sans la finir.

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    2. "Bon, pas mon genre d'hommes, quoi.:-)"
      Han? Quoi??? T'aimes pas les gros bûcherons bien poilus? ptdrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr ^^
      Y'en a plein ici des comme ça (re-ptdrrr) :D)))

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    3. ^^ J'aime bien la virilité mais là, c'est too much.;-) Trop de masse musculaire.;-) Regarde-moi ces jambes sur la couverture !
      Bref, non, quoi.;-)

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  5. Même s'il y a une histoire de jumeau qui meurt, je vais noter. Parce que ça se passe au Japon...

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    1. L'auteur ne s'appesantit pas là-dessus. C'est juste pour justifier l'arrivée du Canadien au Japon, son installation dans la famille, et son trouble vis-à-vis de son beau-frère.

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Bon, je modère ou je vous laisse prouver de la façon la plus tordue que vous n'êtes pas un robot ? Je modère, hein ?^^

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